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Super zéro, super-héros !

Je travaille comme vendeur dans un magasin d’équipements technologiques. Avant que je ne commence à y travailler, je ne savais que le strict minimum de la technologie. J’y suis depuis à peine trois mois, et j’ai eu l’occasion d’acquérir plus de connaissances sur les ordinateurs et accessoires, la domotique, les haut-parleurs et casques d’écoute, les montres intelligentes, les appareils photo et les jeux vidéo. Je me débrouille mieux aujourd’hui mais même à ce stade, je t’assure, je suis encore loin de me dire spécialiste, même si l’intitulé réel de mon poste est « Spécialiste des solutions connectées ».

Cette semaine, j’ai trouvé mon lundi et mon mardi ennuyeux. Peu de clients, peu de ventes, beaucoup de tours dans le magasin à ne rien faire. Sans compter le fait que depuis deux ou trois semaines, je me questionnais sur ma place dans ce magasin. En fait, la plupart de mes collègues vendeurs ont fait des études en informatique, en production audiovisuelle ou en physique ; et ils sont bien plus consommateurs des produits en vente que moi je ne le suis. Donc les conseils qu’ils prodiguent aux clients sont bien plus pointus que les miens, vu qu’ils ont non seulement les connaissances théoriques et pratiques, mais aussi l’expérience personnelle avec ce qu’ils vendent, ce que je n’ai pas. Il faut presque tout le temps que je fasse des recherches devant ou avec le client, en allant sur internet, ou en lisant rapidement les spécifications techniques marquées sur les étiquettes. J’apprends de mes collègues, en toute humilité. Eux aussi, heureusement, aiment partager leur savoir ; donc nous nous construisons les uns les autres. Mais souvent, je ne te cache pas que j’aimerais tant être comme eux : ils font de si gros scores de vente, que je ne vais pas atteindre de si tôt !

Et puis, il y a eu ce fameux mardi soir. Comme il en a l’habitude, le directeur des ventes a publié les commentaires que les clients font sur le service dont ils bénéficient quand ils viennent acheter chez nous. C’est tout surpris que je vois écrit : « en prime, un excellent commentaire pour Jeff-Teddy ! ». Je fouille donc dans les commentaires, et ce que je trouve me surprend encore plus. Il était écrit exactement ce qui suit : « Le vendeur Jeff est excellent. Il nous a répondu car nous devions acheter une imprimante à 91 $ et en discutant avec lui, nous avons acheté une de 251 $ car il est très pro-client et professionnel. Gardez-le, c’est rare un employé de la sorte. Je souhaite que tous les employés de Place Laurier soient comme Jeff, aimables et professionnels. » Maintenant, je vais t’expliquer pourquoi ce commentaire est tellement profond que je ne pouvais le garder pour moi seul.

Un. Tu as vu que le client souhaite que tous les employés de Place Laurier soient comme moi, et tu te dis que Place Laurier est le magasin dans lequel je travaille, n’est-ce pas ? Erreur ! Place Laurier, c’est le centre commercial dans lequel est situé le magasin dans lequel je travaille. Donc, ce que le client souhaite, ce n’est pas que tous les employés du magasin dans lequel je travaille soient comme moi, mais que tous les employés du centre commercial, dans son entièreté, soient comme moi. Cela comprend les employés du magasin dans lequel je travaille, les employés de tous les autres magasins situés dans Place Laurier, et tous ceux qui travaillent pour Place Laurier mais qui ne sont pas en magasin (personnel de ménage, personnel de sécurité, personnel du service d’information, etc.). Jusque-là, je me demande si le client savait ce qu’il disait. Il ne connaît pas tous ces gens, mais il souhaite qu’eux tous soient comme moi ?

Deux. Mon frère, ma sœur, je n’ai rien fait de particulier. Je n’ai fait que dire au client que l’imprimante de 91 $ n’a pas de ‘scanner’ intégré donc qu’elle ne correspondrait pas aux besoins qu’il m’a décrit ; lui montrer les autres imprimantes disponibles par marque, par type et par prix ; et lui lire les spécifications techniques marquées sur les étiquettes parce que je ne connaissais pas toutes les imprimantes.

Cependant, l’imprimante dont il a parlé en premier n’était pas là où elle devait être mais à un autre endroit : j’ai pris mon temps et je suis allé la chercher et je l’ai trouvée, même si je lui avais déjà dit qu’elle ne serait pas adéquate. Quand je suis revenu, il avait lui-même déjà choisi une autre imprimante, celle qu’il a finalement achetée. Je n’ai fait que valider son choix, d’autant plus que le prix de l’imprimante avait été réduit de moitié, ce qu’il n’avait pas remarqué. Oui, elle coutait normalement 500 $, mais se vendait à 251 $ spécialement ce jour.

Aussi, vu que l’imprimante était trop grosse et trop lourde, je suis allé chercher un chariot de sorte à pouvoir transporter l’imprimante sans me casser le dos. C’est ainsi que j’ai pu amener la machine aux caisses et finaliser la transaction. J’ai aussi proposé au client de faire transporter l’imprimante jusqu’à sa voiture par un de mes collègues dont c’est le rôle. Il a accepté et m’a avoué que je venais de le soulager parce qu’il se demandait comment la transporter. En fin de compte, je n’ai fait qu’être moi. Le client a plus remarqué mes maigres efforts, ignorant même que je ne lui avais pas tout expliqué de la façon la plus pointue possible, et qu’il allait excéder son budget initial de 91 $.

Morale de l’histoire ? « Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. » (Matthieu 13 : 31 – 32 LSG). Il y a tellement de grains de sénevé en toi qui attendent seulement que tu crois en Dieu et en eux … Alors, est-ce que tu as encore envie de douter de la puissance du peu que tu as ?

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